Savoie emprisonnée en France


Si toutes ces têtes pensantes, aux idées claires et justes sur la situation de notre Savoie emprisonnée en France, mettaient tous leurs moyens, leurs intelligences et leurs influences au service de la seule Savoie en osant se détacher complètement des travers français, il y a sans doute longtemps que la Savoie aurait sa propre identité reconnue mondialement et indépendante de la France. Comme a su l’être la République et canton de Genève.

Après les assises de la Savoie, un spectateur livre son compte rendu appelant à la consultation de la population ainsi qu’au respect des emblèmes et usages locaux plutôt qu’à la crème Mont Blanc.

Ce 27 février 2015 ont eu lieu les 1ères assises de la Savoie à l’Université de Savoie (campus d’Annecy). Il y a été démontré que le regroupement des deux départements savoyards ne pouvait être que bénéfique pour la Savoie. Il y a été démontré que grâce au regroupement des diverses instances de la Savoie, grâce à l’inventivité, au dynamisme et à l’excellent travail des Savoyards, ce pays est devenu un écosystème viable, plus fort, plus puissant, plus riche que la France. France qui ne fait que retarder la Savoie tout en lui ponctionnant ses richesses durement acquises. France qui après avoir noyé la Savoie dans Rhône-Alpes va la couler dans une future méga-région sans aucune réalité historique, géographique ou de population. Il y a été démontré que les seuls systèmes qui fonctionnent sont ceux qui vont du bas vers le haut, comme dans les véritables démocraties, avec comme exemple la République et Canton de Genève, et non de haut en bas comme en France hyper-hiérarchisée et centralisée.

En bref, il y a été démontré que ce qu’il lui manque, à notre Savoie, c’est une identité réelle et reconnue autre que celle folklorique, afin de justement pouvoir se démarquer ouvertement du pays d’à côté, la france, en train de s’enliser dans son jacobinisme centralisateur et destructeur qui entraîne la Savoie dans le fond des classements internationaux.

Mais qu’y avons-nous vu, lors de ces 1ères assises ?

– Un nouveau logo de l’Université de Savoie auquel on a rattaché le mot de Mont- Blanc. Ce n’est pas parce que l’Université de Savoie est la crème des universités françaises qu’il faut la baptiser « Mont-Blanc » ! Un logo et un nom faisant plus ressortir une référence géographique, voire publicitaire, qu’historique, avec une couleur bleu de France intégrée au logo, ce qu’a relevé fièrement Denis Varaschin, président de l’Université de Savoie ! L’ancien sceau, bien meilleur, faisait ressortir les blasons des provinces, créant par là une véritable universalité savoisienne de cette Université.

 

 

 

 

– Un drapeau de Savoie rectangulaire déformant notre croix de Savoie. Or la forme rectangulaire des drapeaux semble être issue de la Révolution française, qui a occasionné de grands maux et de grandes destructions en Savoie. Il s’agit donc bien là d’un drapeau de Savoie française et non du drapeau de la Savoie, dont la véritable forme est carrée, car ce drapeau provient directement de l’ancienne bannière de la Savoie, et il en est de même pour les pays qui ont conservé leurs symboles d’avant la Révolution, comme le Vatican et la Suisse, à l’instar de la Savoie. Trois pays dont les drapeaux sont restés carrés.

 

 

Qu’y avons-nous lu ?

  • Que toutes les personnes animant cette table ronde étaient présidents d’une entité Savoie à laquelle on a joint, de nouveau, une référence géographique ou publicitaire : Mont-Blanc.
  • Qu’Etienne Piot est président du pôle de compétitivité Mont-Blanc Industries. Ici, l’on a carrément fait disparaitre la Savoie !… uniquement parce qu’il ne s’agit que de la Savoie du Nord ?

Qu’y avons-nous entendu ?

  • Des noms de toponymes prononcés à la française, comme Semnoz prononcé Semnôse au lieu de Semnœ.
  • Tous les septante, huitante, nonante prononcés à la française : soixante-dix (60-10 au lieu de 70 !), etc. qui n’est que du parisianisme imposé. Pour rappel, il y a plusieurs années, la seule vraie façon de compter en langue française, à savoir qu’une dizaine se construit directement sur l’unité correspondante, était encore enseignée dans nos écoles primaires.
  • Un élu français déclarer à juste titre que Paris a peur des territoires, comme la Savoie, lorsque ceux-ci deviennent plus forts à tous points de vue que la France, et c’est pour cette raison que Paris veut les délayer et les dissoudre dans des assemblages encore plus grands et encore plus informes en leur enlevant tous leurs pouvoirs de décision. En même temps, ce même élu français détruit le patrimoine de la Savoie comme l’hôpital de Bonneville, à l’encontre même de l’avis des architectes des bâtiments de France !

Pour être crédible dans cette reprise en compte de l’identité savoisienne souhaitée lors de ces assises, il faut commencer par être crédible soi-même, donc :

  • arrêter de faire de la publicité pour de la crème ou des stylos en collant des « Mont- Blanc » partout,
  • ne pas galvauder nos symboles en les déformant à la française ou en les faisant disparaître sous prétexte de modernité sous influence française,
  • respecter la prononciation des toponymes et de la langue,
  • respecter le patrimoine commun à tous les Savoyards et non propriété de quelques élus français.

Et pourquoi pas, organiser des référendums dans toutes les communes de la Savoie, même si la France annexante et soi-disant démocratique ne reconnaît pas ce type d’expression populaire, afin de savoir si les Savoyards veulent être encore plus évaporés dans le système territorial français. Cela donnerait du poids à la reconnaissance de notre identité. Les « réserves parlementaires », doux euphémisme pour désigner le « black officiel », que reçoivent de Paris nos députés (€ 140’900 pour M. Saddier par exemple) pourraient facilement servir à l’organisation de ce référendum plutôt qu’à arroser les différents clubs et associations amies de ces mêmes députés. M. Saddier, présent aux assises, et qui a fait une fine analyse de la France peureuse de ses territoires qui la dépassent, pourrait montrer l’exemple dans sa commune de Bonneville.

Le diable est dans les détails comme la France est dans nos symboles, nos parlers et notre façon de penser. Ainsi les références géographiques, telles le Mont-Blanc, priment insidieusement sur les références historiques, volonté française de faire disparaître ce territoire trop dynamique vu de Paris, alors même que les Savoyards ont été reconnus comme peuple et non comme population par la Révolution française et que seule la Savoie possède des départements au nom historique avec le blason de la Savoie, carré, sous les panneaux indicateurs (Bonneville l’a-t-il conservé ce blason carré sur ces panneaux d’entrée de ville ?). On a une curieuse impression que ces présidents de chambres diverses et d’Université désirent, à « l’insu de leur plein gré », revenir au département du Mont-Blanc des Révolutionnaires de 1793, tout en qualifiant les traités de 1860 et 1947, liant et déliant la Savoie de la France, de « vieux papiers », plutôt que de redonner leur véritable identité aux Savoyards !

Si toutes ces têtes pensantes, aux idées claires et justes sur la situation de notre Savoie emprisonnée en France, mettaient tous leurs moyens, leurs intelligences et leurs influences au service de la seule Savoie en osant se détacher complètement des travers français, il y a sans doute longtemps que la Savoie aurait sa propre identité reconnue mondialement et indépendante de la France. Comme a su l’être la République et canton de Genève.

Alain Pittard