Communiqué de Jean DE PINGON


Ce serait une erreur que d’assimiler la Savoie aux régions françaises dont les velléités d’autonomie ou d’indépendance s’éveillent à cause, et à la faveur de l’écroulement économique de la France.
Il ne s’agit pas d’établir ici une hiérarchie entre les légitimités à l’indépendance mais uniquement d’éviter de comparer ce qui n’est pas comparable et ainsi de ne pas se tromper de voie. Car notre voie est autre.

La Savoie est un pays annexé, c’est à ce titre que fut conservé dans le nom des deux départements celui de Savoie, alors que la règle républicaine exigeait de ne pas faire référence à l’histoire mais uniquement à la géographie pour nommer les départements.
C’est là l’une des conséquences de la nuit du 4 août 1789 où les représentants de toutes les provinces de France ont solennellement abandonné leurs privilèges.
Seule la Savoie n’a pas participé de cette abdication, (et pour cause: elle n’était pas française à cette époque).
Nous n’avons donc pas ces siècles d’histoire française dont les Bretons, (ou autres), ne pourront se débarrasser qu’au prix d’une « tragédie nationale » avec les « pulsions meurtrières » qui animent l’histoire de France. Car la France s’est forgée au gré de la succession de boucheries qui ponctuent son histoire.
Mais les Savoisiens n’ont pas participé de ces boucheries!

En effet, la Savoie ne participe de l’histoire française que depuis un siècle et demi, alors qu’elle possède un passé national pour ses premiers siècles (première constitution promulguée en 501, texte original conservé au Vatican),
puis d’État d’Europe centrale pour les siècles suivants au sein du Saint-Empire romain germanique. Le territoire que les Savoisiens sont fondés à revendiquer est connu au mètre carré près grâce au traité du 24 mars 1760.
C’est là le premier traité au monde à être congénital à un tracé de frontières par des géomètres, (la plupart des bornes sont d’ailleurs encore en place).
Un siècle plus tard, la France a voulu faire oublier l’humiliation de ce traité en choisissant la date du 24 mars 1860 pour la signature du traité d’annexion de la Savoie. Dans l’espace français seuls les Savoisiens peuvent revendiquer un territoire incontestable sur des frontières historiquement définies, ( celles de la Corse étant définies par la géographie ). En 1948, la France, confondant le traité du 24 mars 1760 avec celui du 24 mars 1860, a signifié à l’Italie qu’elle entendait remettre en vigueur ce traité de frontières, reconnaissant ainsi
« à l’insu de son plein gré » que la Savoie n’était plus française.
Enfin, et c’est là le plus fort particularisme savoisien, (et ce qui fait son unicité):

Il y a tout juste une année, la France a demandé à l’Organisation des Nations Unies d’enregistrer le Traité de Turin du 24 mars 1860, dit traité d’annexion de la Savoie, et l’ONU a rejeté cette demande! Le ministre français des Affaires étrangères et européennes a dû reconnaître devant l’Assemblée nationale le rejet par l’ONU de la requête française. Aujourd’hui, dix mille personnes peuvent défiler au Pays Basque, vingt mille personnes peuvent manifester dans les rue de Quimper sans que cela ne fasse vaciller les institutions françaises. S’il en fallait une, voilà bien une preuve de la solidité de ces institutions sur les territoires qui composent l’hexagone!
Mais pour ce qui regarde la Savoie, lorsque le moment sera venu, avec seulement deux mille Savoisiens déterminés, nous pourrions chasser à jamais les institutions françaises hors du pays, et cela en une journée sans que les forces françaises ne puissent intervenir car la Savoie, pays annexé au titre d’un traité désormais abrogé, est, d’ores et déjà, sous la protection de l’ONU.

Voilà pourquoi notre voie est autre.

Jean De Pingon