lettre ouverte de Guy MARTIN au Président de la république Français (La France ne respecte pas les traités internationaux)


Monsieur le Président,

2 mars 2013

Guy Martin                                                                                                                                          le 18 février 2013

Vulmix

73700 Bourg-St-Maurice

À

Monsieur François HOLLANDE.                                                                                                Président de la République française

 

Objet : Lettre ouverte.

Monsieur le Président ,

Je suis un ancien combattant d’Algérie. J’ai effectué 28 mois d’armée, dont 24 à Tizi-Ouzou, en Grande Kabylie. Libéré, j’ai rejeté en 2001, devant un tribunal de la justice française, les médailles reçues pour ce conflit. Aujourd’hui, Monsieur le Président, je fais appel à votre esprit de justice.

Monsieur le Président, la guerre d’Algérie, qualifiée à l’époque ‘’d’évènements’’ et de ‘’maintient de l’ordre’’ débute en 1954, l’année de votre naissance. A Tizi-Ouzou, contre les meilleurs soldats d’Algérie – les berbères kabyles — J’ai pu constater le comportement courageux des « chasseurs alpins », constitués majoritairement de savoyards ; ces combattants d’élite, sont toujours en première ligne (voir 14/18) ou opposés aux adversaires les plus coriaces chaque fois que la France est en conflit (voir Algérie, Afghanistan, etc.).      Il est vrai que le sang d’un Savoyard … vu de Paris !…

Là- bas, j’ai vu, des alignements de cercueils, sans drapeaux, sans photo, sans nom, avec pour tout ornement, un numéro matricule sur une plaque d’aluminium clouée.

Là- bas, j’ai vu et… Je les entends encore aujourd’hui, ces copains de 20 ans, désarticulés, et sanguinolents qui hurlaient sur leur civière :

 « Maman, j’ai mal !… Pitié les gars, pitié !…J’ai mal ! Maman !  Maman !».

Oui ! Monsieur le Président, à 20 ans, en Algérie, les blessés, les mourants ne criaient pas : « Vive la République ! Vive la France ! »…  Non ! Ils appelaient leur… Maman !

 

Nous savons aujourd’hui que tous les Savoisiens,  envoyés contre leur gré dans un pays qui se battait pour sa liberté, ne devaient pas être mobilisés dans l’armée française. Permettez moi, Monsieur le Président, quelques explications à ce sujet.  A la déclaration de guerre contre l’Italie en 1940, tous les Traités antérieurs entre la France et l’Italie sont suspendus ; dont celui d’annexion de la Savoie de 1860. Le 26 juin 1945, est créé l’Organisation des Nations Unies (ONU) ; son but est d’œuvrer pour la Paix mondiale et de supprimer toute colonisation d’un peuple par un autre. L’article 102, chapitre XVI, de la Charte de l’ONU, signée par la France, prévoit :

                1) Tout Traité ou accord international conclu par un membre des Nations Unies après l’entrée en vigueur de la présente Charte sera, le plus tôt possible, enregistré au Secrétariat et publié par lui.      2) Aucune partie à un Traité ou accord international qui n’aura pas été enregistré conformément aux dispositions du paragraphe 1 du présent article ne pourra invoquer ledit traité ou accord devant un organe de l’Organisation.

                Deux ans plus tard, le 10 février 1947, un Traité de Paix est signé à Paris, capitale de la France, entre l’Italie et les puissances alliées. L’article 44, section IX, Prévoit :

               1) Chacune des puissances alliées et associées notifiera à l’Italie, dans un délai de six mois à partir de l’entrée en vigueur du présent Traité, les traités bilatéraux qu’elle a conclus avec l’Italie antérieurement à la guerre (donc celui d’annexion de la Savoie en 1860) et dont elle désire le maintient ou la remise en vigueur. Toutes dispositions des traités dont il s’agit qui ne seraient pas en conformité avec le présent Traité seront toutefois supprimées.                                                                                

2) Tous les traités de cette nature qui auront fait l’objet de cette notification seront enregistrés au Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies, conformément à l’article 102 (voir ci-dessus) de la Charte des Nations Unies.                                                                                                                               

3) Tous les traités de cette nature qui n’auront pas fait l’objet d’une telle notification seront tenus pour abrogés.

                Monsieur le Président, force est de constater que la France n’a  respectée : ni sa Constitution (article 55), ni la Charte des Nations Unies, ni les termes du Traité de Paix avec l’Italie, ni la zone de neutralité confirmée par le Traité de Vienne du 29 mars 1815 et le Traité de Paris du 20 novembre 1815. La pitoyable réponse, du 08/01/2013, apportée, au député de la Loire Yves Nicollin, par votre gouvernement, confirme officiellement, le refus d’enregistrement par l’ONU du Traité de Paix de 1947 et, par voie de conséquence, officialise l’abrogation du Traité d’annexion de la Savoie en 1860 !  Le Traité d’annexion suspendu depuis 1947, les Savoisiens étaient libres et non mobilisables, 7 ans plus tard, pour la guerre d’Algérie (1954-1962) ! La République française a camouflé l’évidence et, faisant fi des textes formels des Traités internationaux, a, sans aucun scrupule, signé l’arrêt de mort de 321 jeunes savoyards ! … Meurtres collectifs ? Génocide ?  Faute de pouvoir se laver les mains du sang savoisien ; Il est temps que la France abandonne ses oripeaux colonialistes.

Aujourd’hui, selon la définition de la C.P.R.C.G. (Convention pour la Prévention et la Répression de Crime de Génocide) la France est coupable de génocide envers le peuple de Savoie.

La C.P.R.C.G. fut approuvée, par l’Assemblée Générale des Nations Unies, dans sa résolution 260A, du 9 décembre 1948; entrée en vigueur le 12 janvier 1951 (avant la guerre d’Algérie).

Elle définit le crime de génocide dans son article 2 : «Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial, ou religieux, comme tel :    a)   Meurtre de membres du groupe;   b)   Atteinte grave à l’intégrité physique ou mental de membres du groupe;   c)  Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entrainer sa destruction physique totale ou partielle; (…).

Monsieur le Président, Le refus d’enregistrement de l’ONU met la France au ban des nations et témoigne du génocide savoisien. La France et ses institutions sont donc illégitimes sur notre sol. Il vous revient, Monsieur le Président, de vous prononcer sur l’échelonnement du retrait de la France pour libérer notre sol de Savoie.

Dans l’attente, recevez, Monsieur le Président de la République française, mes plus respectueuses salutations.

 

Guy Martin

 

Copies de ce courrier aux élus de Savoie 73 et 74.

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La lettre en PDF  Guy MARTIN à Monsieur le Président