La France ou la Suisse où est le modèle ?


« La France a détruit 750.000 emplois en dix ans. La Suisse en a créé 500’000. » (Le taux de chômage en France approche des 11%, il est en Suisse inférieur à 3%)

Contrairement à un cliché tenace, en Suisse, il n’y a pas que des banques:

« Le secteur financier pèse moins de 15% dans le PIB » (Contre 5% en France et 15% au Royaume-Uni)

Les dépenses publiques représentent « 50% du PIB en France, 30% seulement en Suisse ».

Il n’y a pas que des exilés fiscaux:

« Chaque jour, de Mulhouse (Haut-Rhin) à Châtel (Haute-Savoie), 140.000 frontaliers font l’aller et retour. Rejoignant quelque 150.000 compatriotes sur place, qui ont décidé, eux de s’expatrier. » A comparer aux quelque 5.000 « forfaitaires fiscaux »… dont tous ne sont même pas français.

L’évasion fiscale n’est pas celle que l’on croit:

« UBS, premier groupe bancaire suisse et leader mondial du wealth management a tenté d’estimer de la manière la plus réaliste, à l’attention de ses actionnaires institutionnels, la part des avoirs non déclarés dans un volume sous gestion de l’ordre de 1250 milliards d’euros. Cette part ne s’élève finalement qu’à 25 milliards environ, soit 2%. Il est probable que l’importance de l’évasion fiscale dans un pays comme la France soit elle aussi complètement exagérée, relevant en grande partie du ressentiment et du fantasme. »

La Suisse travaille, la France roupille:

« Le produit intérieur brut de la Suisse (PIB, la valeur ajoutée globale) s’élève à quelque 665 milliards de dollars, plaçant le pays au 19e rang mondial (15e si l’Union Européenne comptait pour une). C’est presque un quart du PIB de la France, alors que le rapport démographique est de un à huit. »

La France est une république fromagère:

« L’Hexagone compte 520.000 conseillers municipaux, 37.000 maires, 4100 conseillers généraux et 1880 conseillers régionaux. Au total, 600.000 élus qui s’accrochent à leurs fauteuils et rémunérations. »

En Suisse il y a certes « plus ou moins 150.000 titulaires d’une charge élective, mais le plus souvent à temps très partiel et fort peu lucrative »… Swissinfo. L’esprit suisse de milice [assumer une charge publique en étant peu ou pas dédommagé] est inconnu en France…

La Suisse est plus ouverte au monde:

« La présence de managers suisses ne dépasse pas 55% dans les plus grandes entités (66% dans les conseils) selon le dernier rapport Schilling. Dans les principales sociétés cotées (indice SMI), les étrangers sont même majoritaires atteignant les deux tiers du côté des comités (70% des présidents exécutifs) et 57% d’administrateurs. »

Tandis qu’ »une étude de CTPartners portant sur le top management des entreprises du SBF 120 reflète une situation sensiblement différente en France. Seules onze sociétés ont un président exécutif d’origine étrangère. Les grandes écoles françaises, dont le nombre cumulé de promotions annuelles ne dépasse guère mille, y détiennent toujours une part de 65% ».
Le modèle social français a un coût prohibitif:
»Les charges qui grèvent les revenus sont particulièrement lourdes, par rapport à la Suisse notamment: 47% contre 18% actuellement côté entreprises, 25% contre 14% pour les charges salariales assumées par les salariés eux-mêmes (même si la distinction semble assez formelle). »
Ces quelques chiffres montrent que la Suisse s’en sort mieux que la France.
Pourquoi?
Parce que les Français se font une idée fausse du libéralisme:
»Pour eux, le libéralisme est une arme de destruction massive, que les partis de droite mettent à disposition des dirigeants de multinationales avec la complicité des banques. »
Cela ne date pas d’hier:
»On n’efface pas un millénaire de monarchie absolue en deux siècles de république décousue. »
»La liberté économique et la responsabilité personnelle ne sont pas des réflexes pour le citoyen français. Alors que l’étatisme dirigiste et la prise en charge relèvent pour lui de l’automatisme. »
Le libéralisme n’est même pas enseigné:
»Nombreux sont les élèves et étudiants français n’ayant jamais entendu parler de Friedrich Von Hayek ou de Frédéric Bastiat. Alors que les théories keynésiennes, planificatrices, ou simplement marxistes sont abondamment professées au sein du corps professoral. »

Quand les Français auront une culture économique digne de ce nom, c’est-à-dire quand la France s’éveillera, ils ne se feront plus du libéralisme une caricature, ils se rendont compte qu’il « est une philosophie de vie, basé sur le rapport à l’autre » et que, de surcroît, il est efficace.

C’est ce que François Hollande aurait pu apprendre s’il s’était rendu en Suisse, s’il avait ouvert ses yeux et ses oreilles sur la réalité helvétique. Alors la liberté aurait pu être à son tour en France la dent du rat qui ronge la maille emportant tout l’ouvrage mortel du socialisme français.

La bise commence à souffler. J’entends venir l’hiver. La France se trouve fort dépourvue…

Francis Richard