La Pèriode Ducale


de 1416 à 1713 :

Le Comté de SAVOIE est entouré des Duchés de MILAN, de Bourgogne et du Dauphiné français. Bien que sous influence politique du Saint Empire romain Germanique, rappelons que la langue populaire est francophone.

Au retour d’un voyage entrepris par l’Empereur d’Alle­magne, SIGISMOND de Luxembourg, pour mettre fin au schisme qui divisait l’église, et profitant que ce dernier passait par Lyon, le comte de SAVOIE, AMEDEE VIII, surnommé « Le Pacifique » l’invita à Chambéry. Là, il obtint de lui que le Comté de SAVOIE fut érigé en DUCHE. Cet acte fut signé le 19 février 1416.

CETTE DATE REVÊT UNE IMPORTANCE CAPITALE POUR L’HISTOIRE DE LA SAVOIE.

En effet, en devenant Duc, le Comte devient, en rang nobiliaire, Co-Prince et son Duché devient un ETAT, UNE NATION SOUVERAINE. On la nomme « MAISON DE SAVOIE ».

C’est pourquoi, les Savoisiens ont choisit cette date comme JOUR de FETE NATIONALE SAVOISIENNE.

En 1418, le duc de Savoie hérite de la province italienne du Piémont qu’il annexe à la Maison de Savoie (et non l’inverse).  Elle possède alors le contrôle des cols et passages du Valais à la Méditerranée. Entre monarchies françaises, germaniques, espagnoles ou autrichiennes, les souverains savoyards par leurs alliances deviennent incontournables en Europe.

14 JUIN 1430 : UNE AUTRE DATE IMPORTANTE DANS L’HISTOIRE DE LA SAVOIE.

Dans le domaine législatif, la Maison de Savoie veut mettre de l’ordre dans le maquis inextricables des us et coutumes locaux. AMEDEE VIII PROMULGUE à CHAMBERY, siège des souveraine décisions, les CELEBRES : « STATUTA SABAUDAE » qui se décline en 5 livres.

En son second livre, il est définit l’organisation judiciaire qui stipule la création d’une Cour Suprême de justice. En 1559, cette cour, à la suite des traités du Cateau-Cambrésis, le Duc Emmanuel-Philibert, dit « Tête de Fer », rentre dans ses terres et instaure le Souverain Sénat de Savoie à Chambéry – constitué et confirmé par un édit du 11 février 1560 – qui subsista jusqu’à une nouvelle réunion à la France en 1792, date à laquelle il fut sérieusement contesté par la Révolution française.

Après un période de déclin, il reprit ses fonctions sous la Restauration sans réussir à se maintenir malgré les réformes de 1822. L’édit de 1848 ramenait définitivement l’antique Sénat de Savoie au rang d’une simple Cour d’appel, ce que l’Etat français confirma en 1860.

AINSI, L’ÉTAT DE LA MAISON DE SAVOIE SE DOTE D’UNE VERITABLE CONSTITUTION, UNIQUE EN EUROPE.

LES ETATS DE SAVOIE  sont à leur apogée.

La fin du règne d’Amédée VIII ouvre une période de décadence qui perdurera au moins jusqu’en 1630. Cette décadence découle en grande partie de l’impossibilité pour le duché de se maintenir à l’écart des conflits entre grandes puissances européennes.

La Savoie connaîtra 5 occupations françaises; respectivement en 1536-1553, 1600­1601, 1630-31, 1690-96 et 1703-1713, une occupation espagnole en 1742-49, sans compter l’occupation du Chablais par les Bernois entre 1590 et 1600.

En fait, la France ne veut pas l’annexion de la Savoie, mais à l’exception de celle-ci, le duché se voit progressivement dépouiller de toutes ses possessions à l’ouest des Alpes: Bresse et Bugey et au nord du lac Léman: Valais et Genève, si bien que le centre de gravité du duché glisse de plus en plus du coté italien. Ce glissement débouche en 1563 sur le déplacement officiel de la capitale à Turin aux dépens de Chambéry (déménagement de fait depuis 1536).

L’amalgame entre la Savoie et le Piémont ne se fera jamais réellement, sans doute plus pour des raisons culturelles que géographique: La Savoie appartient à l’aire francophone alors que le Piémont est à celle italophone.

A ce titre, il est permis de rappeler un fait important qui a eu lieu en France sous le règne de François 1er.

Ce dernier va ordonner le 5 août 1539 par l’ordonnance dite « de Villers-Cotterêts », enregistrée au Parlement de Paris le 6 septembre 1539, imposant l’usage du français, langage maternel, dans les actes officiels et de justice.

La langue Française est d’origine lémanique (origine estimée vers les 10 ou 11è siecle environ), laquelle était parlée et écrite par la mère de François 1er, Louise de Savoie (1476-1531). C’est, sans doute, en souvenir d’elle qu’il imposera l’usage du « françois » qui prendra le nom de « français » par la suite.