14 JUILLET SAVOISIEN 1559


Ne résistANT pas à vous signaler que la Savoie possède un quatorze juillet bien à elle. Le voici, remis dans son contexte 

Merci CLAIRE, bravo, vive la SAVOIE
 
 Après les guerres interminables menées par la France contre la Bourgogne, l’Espagne, les Pays-Bas, la Savoie et la Lombardie, guerres qui duraient depuis la mort de Charles le Téméraire (1477) quand Louis XI s’appropria le duché de Bourgogne et la Picardie ; après la victoire de Saint-Quentin du 10 août 1557 gagnée par le duc Emmanuel-Philibert de Savoie ; après la victoire de Gravelines du 13 juillet 1558 gagnée par les Anglais grâce au duc Emmanuel-Philibert et au comte d’Egmont des Pays-Bas, le roi de France daigna enfin, parce que son royaume était ruiné, entrer en matière pour la paix.
 
 Il y eut de longues conférences pour établir les conditions de cette paix avant que le traité du Cateau, dans le Cambrésis (le Cateau se situe à l’est de Cambrai, capitale du Cambrésis), soit enfin signé le 3 avril 1559.
 
 Selon les termes de ce traité, le roi français Henri II rétrocédait la Corse à la République de Gênes, la Savoie à son duc (excepté, pour une durée de trois ans, les places fortes de Turin, Pignerol, Chieri, Chivasso et Villanova d’Asti, en Piémont) et renonçait à la Lombardie, pendant que Philippe II d’Espagne lui accordait de garder les Trois-Evêchés et d’autres places aux frontières des Pays-Bas, telle Saint-Quentin.
 
 Pour sceller ces accords, deux mariages furent prévus : celui de Philippe II d’Espagne avec la fille d’Henri II (Elisabeth de Valois) et celui d’Emmanuel-Philibert de Savoie, alors âgé de 31 ans, avec la sœur de ce dernier, Marguerite de Valois, âgée de 36 ans. Cette double noce eut lieu à Paris, et les fêtes commencèrent au mois de juin 1559.
 
 Après le mariage par procuration de Philippe II avec Elisabeth, les fêtes devaient continuer jusqu’à celui d’Emmanuel-Philibert avec Marguerite, prévu une dizaine de jours plus tard. Mais le roi, qui prenait plaisir à jouter avec les nobles de sa cour, fut gravement atteint, le 30 juin, lorsque la lance du comte de Montgoméry, capitaine de sa garde écossaise, glissant sous la visière du heaume, pénétra profondément dans le crâne du roi au-dessus de l’œil gauche. 
 
Les fêtes furent suspendues, et Emmanuel-Philibert craignit que ce mariage, par lequel il recouvrait ses États, ne se fît pas. Cependant, Henri II en fixa le jour au 9 juillet ; le lendemain, il expirait après onze jours de souffrances. 
 
Le roi François II, son successeur, au grand soulagement d’Emmanuel-Philibert, renouvela le 14 juillet 1559 les lettres-patentes par lesquelles la Savoie était restituée à son duc.